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Bienvenue à vous !


Je suis Kleenja et j'écris une fanfiction sur Tokio Hotel. Cependant il m'arrive d'avoir des idées d'OS qui proviennent de bruits de chiottes ou d'évènements dans l'actualité THienne. Je les mettrais donc ici sous le titre de « Réalité Onirique ».



Pour en savoir un peu plus, je vous invite à lire l'intro de mon autre blog :
















Réalite Onirique #1 : Pour ton bien - Bill/Tom

Réalite Onirique #2 : Abschlussprüfung Academy - Bill/Tom

Réalite Onirique #3 : Ce n'est qu'un jeu pour lui - Bill/Gustav & mention de Bill/Tom - Lemon

Intermède #1 : Deux flocons de neige - Bill/Tom - Lemon
---Partie 1
---Partie 2
---Partie 3
---Partie 4
---Partie 5

Intermède #2 : ??? - Bill/Tom - Univers Alternatif - En cours : écriture

# Posted on Friday, 09 November 2007 at 11:34 AM

Edited on Sunday, 15 June 2008 at 7:36 PM

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Pour ton bien



Bill était assis sur le bord du lit depuis une bonne dizaine de minutes, immobile. A dix heures du matin, la majorité des habitants de Munich devait être debout, lavée et réveillée. En théorie, lui aussi devrait déjà être prêt mais voilà, quand on a dormi que quatre malheureuses heures on a pas les yeux en face des trous et s'extirper de cette couette chaude et moelleuse paraissait être une épreuve insurmontable.

Son regard semblait vide et pourtant son esprit tournait a mille à l'heure. Il se remémorait la soirée de la veille, seconde par seconde, et même s'il ne se souvenait plus bien des détails sur la fin, il revoyait la joie qui se lisait clairement sur les visages de Georg, Gustav et surtout de son frère Tom. Ca faisait maintenant plusieurs années qu'ils mettaient toute leur énergie à faire de la musique et s'ils avaient déjà été maintes fois récompensées depuis, ce trophée là restait exceptionnel. Jamais Bill n'avait osé envisager sérieusement une carrière de renommée internationale et pourtant...

Bill aurait pu rester à rêvasser encore longtemps, les cheveux emmêlés et la marque des plis du drap sur la joue, si le téléphone n'avait pas sonné. Il étendit ses bras vers le plafond et fit craquer son dos avant de consentir enfin à traverser la luxueuse chambre d'hôtel pour attraper le combiné. C'était David qui lui rappelait qu'il était attendu pour déjeuner. Il y a de ça une demi-heure déjà.

C'est ainsi qu'après une douche rapide, Bill descendit au restaurant retrouver ses trois compères déjà installés devant leur tasse de café.


« - Désolé, panne de réveil !

- On devrait compter le nombre de fois que tu nous la sort celle là... »



Bill lança un regard énigmatique au batteur. Après tout ce temps passé ensemble, Gustav n'avait manifestement pas encore saisi que Bill était très susceptible le matin. Pourtant ce dernier se contenta de hausser les épaules et de se servir un chocolat chaud.
Aujourd'hui était un jour particulier : en plus du prix des MTV EMA raflé en beauté, avait lieu ce soir le concert de clôture du 483 Europa Tour. Bill se réjouissait à l'idée de retrouver les fans allemandes avant de pouvoir prendre des vacances méritées. Il lui fallait bien plus qu'une simple remarque pour le mettre de mauvaise humeur. C'était déjà oublié.


« J'en reviens toujours pas ! »


Bill avait parlé la bouche pleine, mordant dans une tartine, mais les trois autres savaient très bien à quoi il faisait référence. Ils acquiescèrent d'un simple mouvement de tête, encore trop fatigués pour manifester leur enthousiasme.


« - En tout cas, t'as assuré en anglais, Bill !

- Tu parles, j'avais rien préparé. Je me suis retrouvé comme un con à improviser.

- Arrête, je suis d'accord avec Gustav : t'avais un super accent et tout...

- Ah ouais ? »



Le petit sourire fier qui avait fleurit sur les lèvres du chanteur disparut aussitôt qu'il releva la tête de son assiette. Les trois autres échangeaient des regards entendus, se retenant de rire.


« - J'ai beaucoup aimé ton... comment t'as dis déjà ?

- "Thank you so much..."

- Ah ouais c'est ça Tom ! "Thank you so much, we're so proud !" »



Georg se tenait les cheveux dressés sur la tête des deux mains et parlait comme s'il avait une patate chaude dans la bouche, leur offrant ainsi une imitation quasi parfaite du chanteur. Bill n'avait même pas eu le temps de répliquer qu'ils étaient déjà tous hilares. Les quelques riches clients de l'hôtel encore présents dans la salle regardaient les quatre garçons qui se tenaient les côtes, d'un air mi-agacé mi-amusé.

N'empêche que c'était décidé : la prochaine fois, Bill laisserait les autres se démerder avec le micro et les remerciements.

Le reste du déjeuner fut plus calme. Gustav, Georg, Tom et Bill discutaient maintenant des cadeaux que quelques fans avaient réussi à leur donner lors de leur arrivée à la cérémonie de MTV. Ils déballaient les paquets et gardaient les lettres pour les lire dans le Tourbus, sur la route les conduisant à Essen.

Justement, en parlant de ce soir...


« - Hé au fait les gars, tout à l'heure j'ai eu une super idée pour le concert !

- Tu nous expliqueras ça sur la route. Là, on a pas le temps. »



Tom n'avait quasiment pas ouvert la bouche du repas - sauf pour rire à la blague de Georg - et venait maintenant de parler assez sèchement. Or, ce n'était pas du tout dans ses habitudes et Bill en resta muet. Lorsqu'il ouvrit enfin la bouche pour tenter de comprendre, son frère s'était déjà levé et avait quitté la pièce. Bill se contenta de refermer la bouche dans un claquement de langue. Dire qu'il n'avait rien compris était un doux euphémisme et il défiait quiconque de bien vouloir lui expliquer ce qu'il venait de se passer.
Peut être avait-il loupé quelque en début de repas...


« - Il y a quelque chose qui va pas avec Tom ?

- Non, je crois pas.

- Il ne vous a rien dit ? Il fait quand même pas la gueule à cause de cette histoire de pari avec Bushido j'espère...

- Oh nan je pense pas. Ils ont pas mal parlé avec Nicole... mais je suis sur que c'est du pipeau. Non, tu connais Tom et ses précieuses heures de sommeil... il doit simplement être crevé. Moi aussi, d'ailleurs. Quelqu'un reprend du café ?

- Ouais, s'il te plait.

- Non, non... merci... Je vais monter finir ma valise. »



Georg et Gustav savaient pertinemment que les affaires de Bill étaient déjà prêtes. Il ne les déballait jamais quand le groupe restait si peu de temps au même endroit (et encore plus lorsqu'ils avaient le Tourbus à disposition), se contentant d'entrouvrir une valise et de piocher dedans. Bill était inquiet et voulait vérifier de ses propres yeux que tout allait bien ; ils en avaient l'habitude.

Ils restèrent donc attablés encore un moment alors que Bill grimpait les étages, non sans rectifier la position de sa casquette en laine dans les miroirs de l'ascenseur. Il se regarda droit dans les yeux quelques secondes puis finit par sourire. Aujourd'hui il se sentait capable de tout.

Néanmoins il ne pu s'empêcher de laisser une petite pointe d'angoisse l'envahir alors qu'il toquait à la porte de son frère. Tom se portait certainement comme un charme mais Bill savait que si ce n'était pas le cas, c'est qu'il y avait une excellente raison ; il n'avait jamais été du genre à bouder pour un rien. Ce doute ne fut que temporaire puisque lorsque Tom ouvrit la porte, ce fut pour se trouver nez à nez avec un Bill qui arborait la même mine réjouie qu'auparavant.


« - T'as déjà finis de déjeuner ?

- J'avais pas super faim. Je peux t'aider à ranger ?

- C'est déjà fait ! J'étais en train de jouer à la DS en attendant David. »



Tom avait rejoint le lit où était posée la console encore allumée, à côté de sa guitare sèche, celle qu'il ne quittait jamais. Il avait laissé la porte ouverte, invitant Bill à le rejoindre et il fut étonné de ne pas le voir s'asseoir à ses côtés. Tom releva la tête vers son frère, le cherchant du regard. Celui-ci n'avait pas bougé d'un centimètre : il était toujours appuyé contre l'encadrement de la porte, les bras croisés, et le regardait d'un air faussement blasé.


« - Je vois ! C'est pour ça que tu t'es cassé aussi vite, c'est parfaitement logique. Yoshi pouvait pas attendre, hum ?

- Désolé, Bill, je... »



Son frère avait fait comme si de rien n'était et ça l'avait profondément agacé, mais la vérité c'est que Tom ne savait pas vraiment pourquoi il s'était montré aussi agressif.
Bill avait certainement compris sa gêne puisqu'il lui fit comprendre d'un geste de la main que cela n'avait pas d'importance. Entre temps, il s'était rapproché et était désormais assis en tailleur sur le grand lit, côte à côte avec Tom. Son visage était toujours éclairé par ce sourire rayonnant dont lui seul avait le secret et auquel personne ne pouvait résister, pas même Tom. Surtout pas Tom, en réalité.


« - Alors frangin, tu m'expliques ton idée pour ce soir ?

- Oh, c'est pas grand chose. C'est juste que je me disais qu'on pourrait peut être ajouter "1000 Meere" à la setlist... Je sais que ça fait tard mais on l'avait répété pour la tournée française et puis maintenant que le clip est sorti, je suis sure qu'il y a des fans qui la connaissent déjà.

- Ca va être chaud quand même ! En plus je suis pas sur que David soit ok...

- Je veux bien aller défendre le bifteck, s'il le faut ! »



Bill était excité comme une puce. On aurait dit un gamin à qui on aurait promis un tour de manège. Il n'y avait pas l'ombre d'un doute, à ce moment là, que sa vie était se résumait à la musique, que la scène était sa vie. Encore plus que chanter, Bill aimait les feux des projecteurs, le contact avec le public, les fans qui les suivaient partout... il avait l'impression d'appartenir à une communauté, de partager quelque chose de particulier avec tous ces gens là. Il leur apportaient un petit bout de rêve et recevait énormément en retour. Il adorait ça.

Quand il était dans cet état, ce petit air enfantin mais pourtant ultra déterminé plaqué au visage, Tom ne pouvait rien lui refuser. Et puis il était fier de cette chanson aussi alors si Gustav et Georg étaient d'accord, pourquoi pas ?


« - Au fait, pourquoi tu veux la chanter ce soir ?

- Parce que c'est le dernier concert avant un moment et qu'on joue chez nous. Et puis je sais pas, je n'arrête pas de penser au prix d'hier et j'me dis que sans les fans, on l'aurait jamais eu. Ce serait une belle façon de les remercier, tu crois pas ? »



Bill avait terminé son explication dans un chuchotement car Tom s'était déplacé derrière et commençait à le masser. Il n'était pas sans savoir que Bill adorait ce genre d'attention. Et lui raffolait de ses soupirs de contentements. Les mains de Tom s'activaient en de douces mais fermes pressions sur les épaules de son jumeau. A travers le t-shirt il pouvait sentir ses clavicules saillantes, mais aussi le relâchement des muscles sous l'effet de ses doigts calleux. Bill avait la peau douce.


« - Je suis lessivé, je vais m'endormir si tu continues.

- Je prends le risque... »



Tom avait soufflé cette dernière phrase tout contre l'oreille de son frère, lui provoquant des frissons. Bill ressentit comme une décharge partant du creux de ses reins, remontant le long de son échine jusqu'à son cou. Il soupira de bien être alors qu'en même temps il enrageait de laisser son frère avoir autant de pouvoir sur lui. Il pouvait lui filer la chair de poule en une phrase. Je crains, pensait Bill.

Fier des réactions qu'il arrivait à faire naître en lui, Tom continuait son massage avec vigueur.


« - T'as passé une bonne soirée hier ? Je t'ai pas beaucoup vu après que tu te sois éclipsé avec Georg pour aller faire du repérage ! Je t'ai juste aperçu trente secondes avec la fille des Pussycat Dolls et Bushido...

- On repérait pas, on était juste parti chercher à boire. »



Tom avait subitement oté ses mains des épaules de Bill. Celui-ci étouffa un grognement de frustration avant de se retourner pour scruter le visage fermé de son frère. Qu'avait il pu bien dire pour qu'il fasse cette tête ?


« C'est toi qui est parti repérer alors évite de me faire la morale. »


Ok, Bill avait visiblement dit quelque chose qu'il ne fallait pas. Et ça n'avait aucun rapport avec cette histoire de pari à la con pour savoir qui mettrait Nicole dans son lit en premier. Il n'y avait plus de doute maintenant. Mais alors quoi ? Tout se bousculait dans sa tête. Il détestait voir Tom en colère, encore plus s'il en était la cause.


« - Tom, je vois bien t'es louche depuis ce matin mais je t'assure que je ne sais pas du t...

- Non, mais rien. Laisse tomber. Je disais juste ça comme ça... J'en ai marre de...

- De ?

- J'en ai marre que tout le monde croit que je suis constamment en rut ! »



Si Tom n'avait pas eu l'air si sérieux, Bill aurait explosé de rire. Cependant, l'urgence était de régler la situation avant ce soir. Pour lui, et pour le concert.


« Mais Tom ! Je disais ça pour rire ! Bon ok, c'était pas drôle mais je sais très bien que t'es pas comme ça. Je te le dis souvent pourtant et ça te fait rien. »


Bill avait raison et son frère le savait. La sexualité de Tom était un sujet sur lequel les trois autres membres du groupe le charriaient beaucoup. C'était devenu un jeu et ce même dans les interviews.
Son argument ne tenait pas la route.


« - Je sais. Mais c'est juste que ça m'emmerde que tu parles de ça comme si t'y étais alors que t'as pas passé la soirée avec moi, c'est tout. Maintenant excuse-moi. Je sais que c'est débile mais j'y peux rien.

- Tom... »



Ce dernier qui avait quitté le lit et parcourait désormais la chambre en large et en travers en esquissant de grands gestes, se stoppa net quand il entendit la voix de Bill. C'était presque un murmure plaintif. Plaintif ou excédé, il hésitait. Il se retourna face à son jumeau et releva la tête, sans pour autant oser le regarder. Il avait comme un noeud diffus dans tout son ventre et détailler chaque rayure de sa guitare semblait le lui faire oublier.


« ... ce qui t'emmerde c'est que je te dise que t'es allé mater alors que c'est faux... ou c'est le fait que j'ai passé la soirée sans toi ? »


Bill avait retrouvé tout son sérieux. Tout trace de sourire avait disparu, il fronçait même un peu les sourcils. Ce dernier ne voyait pas bien où Tom voulait en venir... Etait il en train de lui faire comprendre qu'il était plus ou moins jaloux ou cachait il autre chose ? Bill avait réussi à faire preuve de patience jusque là mais son frère avait semble-t-il décidé de pinailler. Il fallait bien aller droit au but ou ils y seraient toujours le lendemain.

Pourtant, Bill ne pu retenir un petit rire lorsque Tom répondit, tout bas :


« C'est juste que si t'avais pu éviter de passer ta soirée avec l'autre empaffé de première là, ce crétin de... QUOI ? Pourquoi tu te marres comme une baleine, je peux savoir ? »


Et lui même ne pu empêcher un sourire en coin lorsque Bill se leva du lit et s'approcha de lui d'un pas déterminé, passant ses bras autours de sa taille. Tom resta les bras ballants, étonné de ce revirement de situation. Bill se colla alors un peu plus contre lui afin de nicher sa tête dans le cou de Tom, inspirant profondément pour percevoir son odeur.


« - Ma parole, on dirait que t'es jaloux...

- Tu y es pas du tout, mon vieux. »



L'espace d'un instant, Bill eut l'impression d'être complètement à côté de la plaque. Tom avait dit ça d'un ton amusé et Bill se sentait déjà ridicule d'avoir pu pensé que son jumeau était déçu de ne pas pas avoir passé la soirée avec lui. Ils étaient déjà fourrés ensemble la plupart du temps de toute manière. Mais lorsqu'il se desserra un peu de Tom, celui ci le retint fermement contre lui et, d'une main, retira le bonnet de Bill qu'il balança par terre. Ce dernier se contenta d'hausser un sourcil.


« - Ce Jimi Blue ou je sais pas quoi, je le sens pas, c'est tout.

- Mais je ne l'ai pas vu longtemps !

- Oui bah c'était assez pour qu'il y ait des photos...

- On nous a demandé de prendre la pose, j'étais à côté, on le connaît... j'allais pas me barrer, c'est aussi simple que ça ! J'en reviens pas que t'aies fait la gueule à cause de lui.

- Hey je faisais pas la gueule !

- Mais oui...

- C'est juste qu'il ne me revient pas ce type avec sa tête de minet... Et vas y que je te touche l'épaule... Enfin, moi je dis ça, je dis rien... C'est pour ton bien, Bill. »



Ce dernier avait enfin confirmation que Tom aussi pouvait être de très mauvaise foi. Il arborait un petit air espiègle. Bill et Tom avaient tous deux bien grandis et Tom se comportait désormais de façon plus adulte, un peu en retenu : Bill était une des rares personnes à avoir droit de le voir avec cette petite moue d'enfant pris en faute.

Les lèvres charnues de Tom étaient toujours étirées en un sourire en coin, laissant voir ses dents blanches. Passant une main sous le long t-shirt de son frère, Bill se pencha doucement, rapprochant leurs deux visages.

Les lèvres de Bill étaient si douces. Cette pensée tournait en boucle dans l'esprit de Tom. Il sentait la main du chanteur lui caresser le bas du dos, c'était agréable. Quand le baiser prit fin, Bill murmura quelque chose que seul son frère pu entendre, les enfermant encore un peu plus dans la bulle de douceur qu'ils s'étaient créée.

Tom ne pu s'empêcher de demander :


« Pourquoi est-ce que tu me fais tout ça, Bill ? »


Front contre front, les yeux toujours clos et leurs nez se câlinant, Bill lui répondit d'une voix aérienne :


« C'est pour ton bien. »



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Je pense que vous connaissez Bushido et Nicole Scherzinger des Pussycat Dolls... Y'a cette histoire qui circule, allez savoir si c'est vrai (moi tout ce que je vois, c'est des photos d'eux mais le pari, c'est une autre histoire).

Voilà un premier OS, n'hésitez pas à dire ce que vous en pensez. J'accepte tous les avis sauf ceux qui viennent ici uniquement dans le but de descendre les TH. Vous n'aimez pas, pas de soucis mais ca sert à rien de pourrir tous les blogs.

# Posted on Saturday, 10 November 2007 at 2:04 PM

Edited on Saturday, 10 November 2007 at 2:59 PM

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Abschlussprüfung Academy



« TOOOOOOOM ! »


Le concerné se retourna pour apercevoir Bill qui courrait vers lui à une allure folle, manquant de trébucher à chaque pas dans ce long couloir. Il s'arrêta de justesse lorsqu'il fut arrivé à sa hauteur, manquant de percuter son frère. Mais il ne semblait guère s'en soucier ; un air renfrogné barrait son visage. C'était le genre de petit détail qui n'annonçait rien de bon et Tom se sentit obligé de se justifier. C'est fou ce que Bill pouvait être intimidant parfois.


« Je t'ai pas attendu, fallait que j'aille aux toilettes.

- T'es vraiment un enfoiré, Tom !

- Hein ? Hey calme un peu tes ardeurs, j'ai rien fait moi. »



Tom avait dis ça d'un air détaché, haussant les épaules. En ce moment, Bill était assez irritable et démarrait régulièrement au quart de tour pour des broutilles. Tom y était habitué, alors une fois de plus ou une fois de moins... puis il n'était pas d'humeur à tagiverser aujourd'hui.

Encore essoufflé par sa course, Bill prît une profonde inspiration afin de se calmer, se pinçant l'arête du nez dans une mimique excédée. Il avait les joues rouges mais son frère ne savait pas si c'était simplement dû à l'effort qu'il venait de fournir ou à l'énervement dont il semblait faire preuve.


« Justement Tom, t'as rien fait et c'est bien ça que je te reproche.

- Je vais faire dans mon fut, va droit au but s'il te plait. »



Si une tierce personne avait surpris cette conversation, elle aurait probablement cru que les jumeaux ne pouvaient pas se supporter. Les yeux de l'un lançaient des éclairs tandis que l'autre se contentait de regarder au loin par dessus son épaule. Bill se sentait sur le point d'exploser et il est vrai que pour une fois, Tom n'essayait pas de calmer le jeu. L'air blasé qu'il arborait n'était pas en accord avec l'inquiétude qui l'habitait en cet instant mais il était éreinté, avait une envie pressante alors pour la compréhension et la patience, il faudrait repasser...


« Tu m'as pas laissé copié ! »


Bill accusait son frère, le pointant farouchement de l'index au beau milieu d'une école. Malgré la tournée, les interviews et toute la promo de leur second album, les jumeaux avaient continué à suivre des cours par internet. Ils n'avaient pas eu la possibilité de valider leur examen de fin de cycle l'année dernière mais ils étaient bien déterminés à s'en débarrasser le plus tôt possible. Ce diplôme était la seule condition qu'avait fixée leur mère avant de signer les contrats avec Universal. Elle était bien décidée à ne pas en démordre et eux-mêmes avaient conscience qu'aujourd'hui tout était éphémère, encore plus dans ce milieu. Et même s'ils espéraient ne jamais avoir à s'en servir, c'était un filet comme un autre.

Ainsi, tous deux sortaient d'une épreuve de sciences particulièrement prise de tête et il était absolument hors de question pour Tom de laisser son frère en rajouter une couche. Sans lui accorder plus d'attention, il reprit sa route vers les toilettes. Bill s'était attendu à une tout autre réaction... Il venait de merder en beauté sur le dernier sujet et avait secrètement espéré que son frère lui remonte le moral, pas qu'il le plante en plein milieu d'un corridor !

De son côté, Tom n'avait même pas la force de se réjouir de ce qu'avoir cet examen pouvait signifier : plus de révisions dans le Tourbus pendant que le paysage défile sans lui, plus de cours dès qu'ils ont quelques jours de libres alors que Georg et Gustav sont en train de jouer dans la pièce adjacente... plus de maths, plus d'anglais, plus rien ! En tant normal, Tom aurait sauté au plafond mais là, il sentait vidé. Il n'avait pas beaucoup dormi durant les trois jours précédents, préférant passer le plus clair de son temps devant ses notes pour rattraper son retard.

Quand il sortit des toilettes, il tomba nez à nez avec Bill. Ce dernier l'attendait, appuyé contre le mûr face à la porte, et releva vivement la tête en entendant celle-ci s'ouvrir. Il avait une jambe repliée et les mains cachées dans les poches de son jogging turquoise, l'allure désinvolte. Même habillé comme un sac, Tom le trouvait encore très beau. Beau et terriblement agaçant, voilà tout.


« Et me dis pas le contraire, je t'ai vu cacher la feuille avec ton bras...

- Ecoute Bill, tu me gonfles. Je suis pas ta roue de secours, t'avais qu'à te débrouiller seul pour une fois. »



Tom jeta son sac à dos sur une épaule et dépassa son frère sans autre regard. Il lui fallait à tout prix quitter l'atmosphère oppressante de cette école et de l'odeur d'encre qui lui rappelait des souvenirs plutôt désagréables. Il avait mal à la tête et n'aspirait qu'au calme. Il s'installa dans le van qui les attendait garé sur le trottoir d'en face et ils partirent aussitôt que Bill l'eut rejoint.

Les quatre heures de route nécessaires pour relier Bochum à Hamburg se firent dans le silence le plus complet.


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De retour au Studio en début de soirée, Bill et Tom retrouvèrent leurs deux musiciens de copains qui les avaient patiemment attendus pour partager une pizza. La nuit était déjà tombée depuis longtemps sur la ville, plongeant dans la pénombre la maison que David leur prêtait.

Après le dîner, les quatre jeunes hommes s'emmitouflèrent dans de gros chandails : ils avaient prévu d'aller boire une bière dans le fond du jardin. Deux d'entres eux avaient besoin de décompresser et les deux autres... également. Georg et Gustav avaient passé leur temps à éviter habilement les jumeaux pendant leur travail. Officiellement pour ne pas les déranger, officieusement parce que ces deux-là étaient d'une humeur de chien quand ils révisaient.

Ils profitèrent de ce petit instant de détente réunis pour discuter de tout, de rien. Bien qu'ils passaient la majeure partie de leur temps tous les quatre, ils avaient encore et toujours des milliers de petites histoires à se raconter. Et puis, les nouvelles dates prévues pour la tournée en 2008 leur donnaient matière à fantasmer : comment seraient les salles ? Les places se vendraient elles aussi vite que la dernière fois ? Quelle sera la pancarte la plus stupide ? Qui recevra le plus de demande en mariage ? Le ton joyeux de la discussion fit oublier à Bill et Tom leur animosité, si bien que personne ne remarqua qu'ils s'étaient disputés le jour même.

Le pack de bières était vide à présent. Assis à même le sol et dans l'obscurité, les garçons rêvassaient alors que Georg sortait une cigarette de son paquet. Bill sentait que c'était le bon moment pour reprendre la discussion avec son frère. Il l'appela doucement, le son de sa voix était étouffé par son gros pull dont le col roulé lui remontait jusqu'au nez.


« Tom... »


Celui-ci était allongé dans l'herbe humide. Les jambes écartées, les bras croisés sous sa tête et les yeux clos... rien dans son attitude ne reflétait une quelconque colère, il paraissait serein. Il demeurait calme et zen, fidèle à lui-même, ce qui déconcerta un peu Bill. Lui aussi était plus décontracté mais il aurait tout de même préféré que son frère se montre un peu plus affecté par leur dispute... c'était si rare.

Il avait parfois l'impression que son frère pourrait vivre sans lui et il détestait ça.


« Mmh ?

- Tu veux bien venir avec moi trente secondes ? Je voudrais qu...

- On en reparlera plus tard. »



Tom s'était relevé précipitamment, se contorsionnant pour attraper le portable qui vibrait dans la poche arrière de son baggy. Il s'éloigna du groupe pour discuter au calme et Bill eut de nouveau le sentiment que Tom se défilait. Las, il souhaita une bonne nuit à Georg et Gustav et monta dans sa chambre.


______________________________________________________________________________________________


Tom était congelé. Il venait de passer cinquante minutes dehors au téléphone et si Hamburg avait beau bénéficier d'un climat relativement plus clément que le reste de l'Allemagne, on était tout de même en novembre. L'air froid et sec était mordant, le ciel dégagé mais presque sans étoiles. Il ferma la baie vitrée du salon et se dirigea vers sa chambre, se frottant vigoureusement les mains pour les réchauffer.

En traversant le couloir, il s'arrêta un instant devant la porte de Bill, hésitant à rentrer. Il savait qu'il avait été un peu brutal dans ses propos cette après-midi et brûlait d'envie de savoir ce que son frère lui reprochait ; il n'avait même pas pris le temps de l'écouter. La lumière qui filtrait sous la porte l'encouragea et Tom pénétra dans la chambre mansardée. Son frère était couché dans son lit, sur le côté. Bill ouvrit péniblement les yeux quand il entendit des bruits de pas.


« Je te dérange, tu dormais ?

- Pas tout à fait... »



Bill avait pourtant quitté le jardin avec la ferme intention de se coucher tout de suite. Mais là vérité, c'est qu'il lui était impossible de trouver le sommeil dans de telles conditions. Enervé contre son frère.


« Au fait, j'ai eu Andy au téléphone. Il t'appelle demain.

- Qu'est ce qu'il voulait pour que vous discutiez autant de temps ? »



Bill avait dis ça plus pour meubler la conversation que parce qu'il était jaloux. Ils connaissaient tous deux Andreas depuis une éternité et il n'y avait jamais eu la moindre rivalité. Bill et Tom étaient meilleurs amis, avant même de l'être avec Andreas. C'était une évidence bien qu'ils avaient tendance à l'oublier certains jours...


« Il voulait savoir comment ça s'était passé aujourd'hui.

- Et comment ça s'est passé pour toi ? »



Sachant que leur conversation allait durer, Tom se jeta sur une poire des années 70 en cuir orange. Elle était remplie de petites billes et épousait parfaitement ses formes. Il adorait s'asseoir dedans à tel point qu'il avait réussi à convaincre son frère de ne pas s'en débarrasser ; Bill la trouvait hideuse.

Il expliquait à ce dernier comment il pensait s'en être sorti dans la composition d'allemand.


« Par contre, c'était la débandade en maths. Je pensais qu'on avait une heure de plus alors quand le type a dit qu'il nous restait trente minutes, j'ai tout torché. Je me suis embrouillé dans les formules... j'ai fait du grand Tom Kaulitz sur ce coup là ! Et toi ?

- Bof. J'ai merdé à mort en maths.

- A ce point ?

- Disons que ça aurait été mieux si tu m'avais laissé copier... »



Bill n'avait pas pu s'empêcher d'agrémenter sa remarque d'un regard accusateur. Il n'en voulait pas à Tom au fond, mais il était persuadé que son frère avait délibérément caché son brouillon pendant l'épreuve alors que depuis toujours ils s'arrangeaient pour les laisser à la vue l'un de l'autre.


« C'est quoi cette histoire encore ? J'ai rien compris à ta petite crise et j'aimerais bien que tu m'expliques. »


Bill avait remonté sa couette un peu plus sur lui, lissant les plis, et cala ses deux mains sur l'oreiller pour poser sa tête dessus. Il se sentit plus coupable encore quand Tom rajouta d'une voix plus douce :


« Je te cache pas que c'est assez désagréable de se faire aboyer dessus sans raison, encore plus quand il s'agit de toi. »


Bill inspira pour se donner un peu de courage. Il détestait être prit en faute de la sorte : il avait le sentiment d'être redevenu le petit garçon qui devait sans cesse justifier devant ses professeurs. Que ce soit de sa façon de s'habiller, de son maquillage ou des devoirs bâclés. A la différence près que cette fois-ci, c'était lui qui avait abusé.


« Oublie ça, j'étais sur les nerfs. Ce qui m'emmerde c'est que j'ai séché sur cet exo à la con et que ça m'a fait flipper de te voir gratter comme un malade. T'avais l'air de tout savoir et moi j'ai tout oublié ! Et puis je pensais sans cesse à maman... si je le rate, je suis foutu.

- Bill ! »



Tom rigolait doucement. Il s'extirpa de la poire et vint s'asseoir au pied du lit. Son frère qui ne trouvait pas du tout la situation amusante s'était retourné sur le dos avant de s'appuyer sur ses avant-bras. Ses cheveux raides lui tombaient sur le torse, cachant partiellement ses yeux alors que Tom avait toujours un petit sourire attendri.


« Tu crois vraiment que la mère en a quelque chose à faire ?

- Evidemment, tous les parents veulent que leurs enfants réussissent !

- Mais t'as réussi, Bill !

- Que tu crois...

- Je te parle pas de l'examen, je te parle de ta vie. De notre vie de manière générale. On fait exactement ce qu'on a toujours désiré. Maman fait une fixette sur cet examen parce ce qu'on avait promis qu'on le passerait, point barre. Ca la rassure ! »



Alors c'était tout ? Bill avait échoué dans une matière et avait simplement peur de décevoir leurs parents ? Quand Tom avait dis que son frère faisait des montagnes de tout et n'importe quoi, il ne pensait pas être si proche de la vérité. Cependant, si Tom paraissait soulagé, ce n'était pas le cas de Bill. Ce dernier se laissa lourdement retomber dans les oreillers, en soupirant.


« Et au pire, c'est pas la fin du monde. Moi non plus, je le sens pas trop de toute manière.

- Ouais...

- T'en avais rien à faire de tes notes quand on était à l'école alors pourquoi ça changerait, hein ?

- T'as raison. Je sais que t'as raison, en plus... »



Tom s'approcha de son frère pour lui souhaiter bonne nuit. Il était déjà tard et ils avaient beaucoup à faire le lendemain. Il redressa son frère, le prit dans ses bras quelques minutes, lui caressant le dos. Bill était un éternel perfectionniste et c'était bien pire depuis qu'ils avaient fait de la musique leur métier. Il reprochait souvent à Tom de trop réfléchir et de ne pas profiter du moment présent, sans se rendre compte qu'il suivait parfois exactement la même démarche.

Bill était toujours étroitement serré contre son jumeau ; respirer l'odeur de sa peau estompait le sentiment d'échec et de déception qui l'habitait. Ses paupières battaient dangereusement alors qu'il jouait avec le bout d'une dread de Tom, la caressant comme un doudou. Ce dernier adorait ça et il resta dans la même position quelques instants encore pour en profiter avant de s'écarter de son frère. Il se releva du lit, remonta correctement la couette sur Bill.


« Demain, on a un programme chargé alors dors bien. »


Il posa un baiser sur son front et se dirigea vers la sortie. A peine avait il posé la main sur la poignée qu'un murmure s'éleva dans la chambre.


« Tom, juste un dernier truc... Merci d'être toujours là, t'es le meilleur frère que j'aurais pu avoir. »


Tom ne répondit rien, il savait que Bill devait être déjà dans les bras de Morphée. Il appuya sur l'interrupteur et sortit de la pièce sans un bruit, soulagé.


______________________________________________________________________________________________


La journée de vendredi passa à toute vitesse. Le groupe devait se rendre en France pour participer à l'émission télévisée Star Academy et ils avaient bien failli louper leur avion. Arrivé à Paris tard le soir, le groupe avait fait une visite éclaire à leur hôtel pour déposer leurs bagages avant de ressortir. Le samedi également n'avait été qu'une course sans fin. Ils leur avait fallu rejoindre les studios d'enregistrement où des centaines de fans les attendaient déjà afin de prendre leurs marques sur scène et effectuer tous les réglages nécessaires avec la bande son pour « 1000 Meere ». Ils présentaient cette chanson officiellement pour la première fois en France, tout devait être parfait. Ils durent ensuite patienter jusqu'à l'arrivée des participants, en fin d'après-midi seulement, pour pouvoir réinvestir la scène et répéter « Monsoon » que Bill devait interpréter avec un élève.

Il était maintenant aux alentours de 21h30 et Bill, Tom et Georg étaient assis dans leur loge. Seul Gustav manquait à l'appel ; il était plutôt du genre hyperactif et rester assis à attendre l'heure fatale était pour lui un vrai calvaire, même quand il s'agissait de jouer seulement une chanson. Tom et Georg jouaient aux cartes sur un ordinateur portable. Quant à Bill, il arpentait la pièce en lançant des regards inquiets vers au moniteur qui retransmettait l'émission.

Les répétions avec le garçon s'était passées sans encombre : il avait l'air plutôt sympa même si la barrière de la langue avait plutôt limité les contacts. Néanmoins, Bill ne pouvait s'empêcher de s'inquiéter. Chanter en duo était une première pour lui et il aurait nettement préféré que cela se fasse dans d'autres conditions. Il s'était toujours imaginé ça avec un artiste proche, avec qui il partagerait une certaine complicité... pas avec quelqu'un qu'il n'avait jamais vu et qui avait été parachuté là trois jours avant, sans connaître la chanson. Bill ne savait pas du tout comment agir : devait-il regarder plutôt l'élève ou le public ? Devait-il bouger autant que d'habitude ?

Il ne restait plus que cinq minutes avant leur premier passage. Tom se releva du canapé, fit craquer ses phalanges et remit son baggy en place. Alors qu'il passait la lanière de sa guitare sur son épaule, il entendit Bill soupirer bruyamment.


« Un problème frangin ? T'as pas l'air dans ton assiette depuis que t'es passé au maquillage... »


Georg était partit chercher le batteur et Tom profita de leur absence pour passer sa main dans les cheveux lissés de son frère, ils étaient doux. Celui-ci avait l'air en proie à une réflexion intense et Tom en profita pour détailler son frère de plus près.


« P'tain, ils ont pas lésiné sur le fond de teint !

- D'après toi, je fais comment ? Je regarde plutôt la caméra ? Je joue avec le public ? Ou alors, je chante en regardant le mec... mais si on chante yeux dans les yeux, vu les paroles, ça va encore jaser... enfin ça on s'en fout, mais j'hésite à rester sur place, tu vois. Il avait pas l'air de vouloir beaucoup bouger aux répèt' et je risque de faire tâche si je suis tout seul à me déchaîner, en même temps je vais pas rester comme un piquet ou... »



Bill ne s'arrêtait plus de parler et Tom n'en revenait pas qu'un simple duo lui fasse autant perdre les pédales. Son frère ne réfléchissait jamais à son comportement sur scène, il faisait ça au feeling et se fiait toujours à son instinct. La preuve en est : son déhanché improvisé était maintenant célèbre.


« Hey respire ! C'est pas toi qui vas être jugé ! Fais comme David t'a conseillé... soit naturel et ça ira.

- Si je la joue naturel, je risque de chanter la chanson en entier sans lui laisser en place une !

- En gros, tu veux pas qu'il chante notre chanson, c'est ça ?

- Un peu. Ca me fait chier de la partager. »



Surtout celle-ci. Toutes leurs chansons avaient de l'importance, elles avaient toutes une histoire, mais c'était véritablement avec celle-ci que tout avait commencé. S'ils la massacraient, Bill ne se le pardonnerait pas.


« Ca marchait tout à l'heure alors y'a pas de raison. Le mieux c'est que tu le fasses comme tu le sens, d'accord ? »


Bill acquiesça légèrement d'un signe de tête et enlaça son frère comme il pu, la guitare de Tom emprisonné entre leur deux corps. Une jeune femme cogna à la porte et passa brièvement la tête dans la loge, leur indiquant qu'il était temps d'y aller. Tom donna une petite tape dans le dos de Bill pour l'encourager et s'écarta pour se diriger vers la sortie.


« Attends, Tom...

- Ouais ? Vite Bill, on va être en retard !

- Tu sais hier... tu le pensais vraiment quand tu m'as dis qu'il fallait que j'apprenne à me démerder seul ?

- Pas vraiment... »



Tom était toujours immobile, dos à son frère. Ce dernier n'aurait pas cherché plus loin si la gêne de son jumeau ne transparaissait pas autant dans sa façon de parler. Il devinait sans peine la mine embarrassée qu'il devait arborer en cet instant.


« C'est pas une réponse ça. C'est oui ou non, Tom ?

- Oui. »



Pleinement conscience de la portée de ses mots, il avait parlé d'une voix bien plus grave qu'habituellement, presque inaudible. Mais Bill avait parfaitement saisi et alors que son frère tentait une explication maladroite, il passa en trombe devant lui.


« Comme tu l'as dis, on va être en retard. Te fatigue pas. »


La porte fut entrouverte d'un geste brusque, claquant contre le mûr, et Bill s'éloigna dans les dédales de couloirs qui le menaient vers la scène.


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Tom pestait contre lui-même. Pourquoi avait il fallu qu'il mette son frère en boule juste avant l'entrée en scène ? Bill était arrivé énervé et sa prestation s'en était ressentie. Il avait fait du mieux qu'il pouvait pour tenter de mettre tout ce débordement d'énergie au service de sa chanson. Il s'était laissé allé, emporté par la musique et oubliant un peu qu'il devait la partager avec quelqu'un. Bill s'était fait plaisir et l'accueil chaleureux du public lui avait rendu son sourire.

Gustav, Bill, Georg et Tom longeaient de nouveau les couloirs mais en sens inverse, filant directement dans leur loge. Ils ne connaissaient aucun des autres invités à part peut être Joss Stone, et encore, que de nom. Gustav entra en premier dans la pièce et se dirigea vers le minibar pour prendre une canette.


« T'as assuré, Bill ! Tu la maîtrises de mieux en mieux c'te chanson.

- Merci, Gus. En tout cas, je me suis éclaté, j'ai trop envie d'y retourner !

- Carrément ! Par contre, Tom, la prochaine fois si tu pouvais éviter de me lancer des regards suspects... j'ai failli en lâcher ma basse quand t'as... »



La porte s'ouvrit d'un coup, percutant Georg au passage. A croire que l'effervescence qui régnait dans les coulisses de cette émission empêchait quiconque d'agir avec douceur. David rentra dans la loge et poussa la porte derrière lui en s'excusant.


« Les mecs, vous repassez vers 22h45 et cette fois-ci, oubliez pas de rester un peu ! La promo était prévue après Monsoon mais vous vous êtes barrés comme des voleurs à la fin... »


Tom avait un sourire triomphant.


« Ah bah tu vois, je te l'avais dis Georg !

- De quoi ?

- Le présentateur nous a demandé de rester ! Je crois que je pige deux trois mots de français à force.

- Il t'a surtout insulté de Gustav, ouais !

- Bon je vous laisse cinq minutes pour boire un coup et vous me retrouvez, je voudrais vous présenter quelqu'un. Ca marche ? »



Les quatre garçons n'eurent pas le temps d'approuver que leur producteur était déjà reparti dans un autre claquement de porte. Alors que les trois autres s'amusaient avec le cameraman qui les suivait partout, Bill s'installa devant la coiffeuse. Avec une serviette, il tamponna délicatement les perles de sueurs sur son front pour ne pas faire partir le fond de teint. Il aurait sûrement le droit à une retouche par la maquilleuse avant de retourner sur scène mais ça ne l'empêcha pas de se repoudrer les paupières de noir.

Georg frappa dans ses mains pour attirer l'attention de ses amis, avec succès.


« Bon, je propose qu'on aille voir David tout de suite. Plus vite on y va, plus vite je pourrais vous mettre une raclée au poker après !

- Tu parles ! On attend toujours celle de la semaine dernière... »



Bill laissa échappé un petit rire moqueur qui lui valut une tape sur l'arrière du crâne. Il s'était levé, prêt à partir mais une main le repoussa un peu brutalement sur son siège.


« Allez-y les gars, on vous rejoint dans deux minutes avec Bill. »


Tom leur faisait signe de partir. Georg et Gustav haussèrent les épaules et disparurent dans le couloir. Ils savaient que les jumeaux aimaient être seuls de temps en temps pour comploter, pour discuter ou simplement pour profiter de la présence de l'autre. En l'occurrence, Tom voulait s'expliquer avec son frère. Il s'était mal exprimé tout à l'heure et bien que Bill paraissait plus détendu depuis leur passage sur le plateau, il voyait bien que celui-ci lui en voulait encore.

Bill s'était retourné face à la coiffeuse, visiblement pas décidé à engager la conversation. Tom s'approcha et posa ses mains sur ses épaules ; Bill avait baissé les yeux pour ne pas affronter son regard, il savait qu'il craquerait trop vite sinon.


« Bill, je voulais m'excuser pour tout à l'heure. »


Celui-ci fuyait toujours son regard. Il n'avait pas bougé d'un centimètre, même sa respiration semblait s'être ralentie. Il voulait que Tom continue, qu'il lui explique parce qu'il se sentait perdu.


« T'as pas compris ce que je voulais dire, en fait. Je sais très bien que t'as pas besoin des autres. T'as jamais attendu que quelqu'un te dise quoi faire ou quoi penser, ça y'a pas de doute. Je crois qu'on peut dire que t'es libre, exactement comme t'as toujours voulu l'être. C'est juste que t'as constamment besoin d'être rassuré. »


Tom marquait de courtes pauses entre chaque phrase, il guettait les réactions de Bill. Malgré le fait qu'ils soient très proches, ils ne parlaient que peu fréquemment à coeur ouvert. Ils savaient globalement ce que l'un pensait de l'autre, c'est pourquoi ces rares moments d'incompréhension leur étaient toujours pénibles. Tom détestait ce flottement, il voulait que tout soit clair.

Il voulait être clair pour qu'enfin la personne la plus précieuse à ses yeux ne doute plus de lui.

Dans un mouvement imperceptible, Bill avait redressé la tête. A travers les longues mèches brunes qui lui barraient le visage, son regard s'accrochait à celui de Tom. Ils se dévisageaient dans le miroir de la coiffeuse. C'était plus facile de se parler comme ça, indirectement. Tom se sentait moins intimidé et sachant qu'il avait maintenant toute l'attention de Bill, il poursuivit.


« T'as peur de rater ton examen alors que tu savais ton cours mieux que moi. Et pour le duo tout à l'heure, c'était pareil ! Je sais pas pourquoi t'as autant peur de foirer des trucs insignifiants comme ça alors que tout ce que tu touches se transforme en or. De l'extérieur, tu donnes l'impression d'assurer mais t'as toujours besoin qu'on te dise que tu fais bien. T'inquiète pas, je comprends parfaitement que t'ai besoin d'être rassuré par quelqu'un de plus objectif vu tout ce tapage autours. C'est pas forcément plaisant à entendre, je sais mais...

- C'est toi qui comprends rien, Tom. »



Bill s'était levé, une expression indéchiffrable plaquée au visage. La colère ? Le mépris ? La déception, peut être ? Tom n'arrivait pas à analyser la moindre petite étincelle qui brillait dans ses yeux. Ils étaient face à face et Bill le surplombait de nouveau, inversant les rôles. Son frère ne savait pas quoi faire, se contentant de soutenir son regard.

Bill s'approcha de son jumeau pour attraper sa main et la posa sur son coeur. C'était dur à admettre et il ne le ferait jamais de vive voix, même devant Tom, mais au fond de lui il savait que la majeure partie de ce que Tom avait dit était vraie. Néanmoins, il se trompait sur un point. Et le point le plus important selon Bill...


« L'avis des autres, je m'en branle. C'est le tien qui compte, et seulement le tien. J'ai besoin de savoir que t'es fier de moi... »


Son coeur battait de plus en plus vite. Il espérait que Tom l'entende, ce fut le cas. Il en eut la certitude quand, à son tour, Tom apposa la main de Bill sur sa poitrine. Leurs deux coeurs battaient aussi vite l'un que l'autre, se faisant écho. Ca voulait dire bien plus que Tom n'aurait pu le faire. La main chaude de Bill toujours sous sur la sienne, aussi.


« Bill...

- T'es fier de moi, de nous, hein ?

- Bien sur ! Ca me fait plaisir d'être là, pour toi... C'est juste que parfois je suis fatigué, moi aussi.

- Je comprends.

- C'est vrai ? Tu dis pas ça pour me faire plaisir ? »



La bouche de Tom s'ourlait de nouveau d'un petit sourire en coin. Il aimait son frère bien plus qu'il n'arrivait à l'exprimer. Ce n'est pas toujours évident de faire comprendre à quelqu'un que l'on tien à lui et un petit conflit de temps en temps permettait de le leur rappeler. Bill était imposant et au fond, Tom savait que ce n'était pas cette discussion qui influencerait quoique ce soit. De tout manière, il ne demandait pas à son frère de changer son comportement mais simplement de ne pas oublier que lui aussi était un humain, avec toutes les faiblesses qui vont avec.

Et Bill avait bien comprit le message. Il se promît d'être un peu moins égoïste à l'avenir et de faire tout son possible pour prendre en compte les sentiments de Tom avant de céder à la panique. Il était quasi-sur de ne pas y arriver mais il ferait un effort ; il ne voulait pas réitérer ce genre de disputes. Tom était son allié de toujours et être en froid avec lui, c'était comme être en froid avec lui-même. Il se retrouvait brutalement seul et c'était quelque chose d'encore plus difficile à vivre du fait qu'ils avaient toujours été présents l'un pour l'autre.

Les jumeaux étaient toujours debout l'un contre l'autre, écoutant les battements de leurs coeurs qui petit à petit, redevenaient réguliers. De sa main libre, Tom caressa l'avant bras de son frère. Il s'attarda un peu sur le tatouage de Bill, le retraçant du bout des doigts. Il remonta ensuite vers son épaule et amena Bill contre lui d'une légère pression.

Il déposa un bisou sur la joue de son frère dont le sourire remontait jusqu'aux oreilles. Celui-ci avait les yeux fermés et Tom ne pu résister à embrasser ses paupières. L'une, puis l'autre. Enfin, il attrapa la main de Bill contre son torse et l'effleura de ses lèvres avant de s'écarter, comme pour s'excuser de briser leur étreinte. David, Georg et Gustav devaient les attendre...


« Hé tu sais, l'autre jour on se fouttait de ton accent avec les gars... mais finalement, t'as de la marge !

- Pourquoi tu dis ça ? »



La dernière fois que ses amis l'avaient complimenté, Bill en avait pris pour son grade. Il avait de quoi être méfiant...


« Ben celui qui chantait avec toi... j'ai rien compris à ce qu'il chantait. Rien ! »


Et ils ricanèrent. Ils savaient que ce n'était pas bien de se moquer d'autant plus qu'eux aussi n'étaient pas des prodiges en langues, mais ils étaient heureux. Heureux, tous les deux.

Une fois calmé, Tom attrapa son portable sur la table basse et contourna le canapé pour sortir de la loge mais Bill ne le suivait pas. Celui-ci était à croupi et farfouillait dans son sac, l'air joyeux. Il en sortit un polaroïd et sans que Tom ait le temps de répliquer, il se releva et le prit en photo.

Bill s'était offert cet appareil avec son premier salaire et en s'était créé son petit rituel : il prenait une photo quand quelque chose le rendait vraiment heureux. Leur premier single, leur premier passage télé, un cadeau de Gustav pour leur anniversaire, leur premier prix, leur premier concert de tournée, Tom... tous ces clichés étaient accrochés au dessus de son lit à Hamburg. Cette photo viendrait bientôt les rejoindre.

Il attendit quelques instants et la silhouette de son frère apparut sur le papier. Tom s'impatientait et allait rappeler son frère à l'ordre mais contre toute attente celui-ci éclata de rire. Il releva la tête vers Tom et son fou rire redoubla. A peine vexé, Tom haussa les sourcils.


« Tom, tu... tu... t'as du... »


Son frère tentait de lui expliquer, en vain. Tom ne se posa pas de questions bien longtemps puisque Bill lui tendit la photo : il avait les lèvres toutes noires !


« ... Merde, ton truc à paupière m'est resté scotché sur la bouche ! »


Bill avait retrouvé tout son sérieux. Armé de son petit sourire espiègle, il leva les yeux au ciel et proposa :


« Je peux t'aider si tu veux...

- Ah oui ? Et comment ?

- Je sais pas... Je pourrais aller chercher un coton démaquillant ou faire comme ça... »



Bill avait traversé la pièce d'une démarche féline si bien que Tom n'avait rien vu venir, trop plongé dans le regard coquin que lui lançait son frère. La température avait soudainement grimpé de quelques degrés : Bill avait les joues roses et Tom dû se reprendre avant de perdre pied.

Son frère avait posé ses lèvres sur les siennes, il n'avait pas l'intention de rester passif. Bill fut surpris par la sensation de bonheur qui déferla dans son tout son corps à ce contact, et Tom en profita pour reprendre les rênes. Sa langue caressait sensuellement la commissure des lèvres de son frère dans l'espoir d'approfondir leur baiser.

La main de Tom caressait délicatement la joue de son frère. Et c'est cette même main qui donna discrètement une petite tape sur les fesses de Bill alors que les jumeaux partaient rejoindre les autres.

A peine vingt minutes plus tard, les Tokio Hotel se tenaient de nouveau devant le public français. C'était en play-back mais Bill s'obstinait à chanter à s'en faire péter les cordes vocales. On ne voyait plus qu'eux, quatre personnes qui prenaient du plaisir.



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Et hop, un autre !

Avouez que Bill a quand même bien snobé le type à la Star Academy et immédiatement je me suis fait mon petit film. Concernant l'exam, je ne sais pas si c'est vrai... j'ai lu un article là dessus sur internet. Ca avait l'air relativement sérieux et l'école dont il parlait existe réellement et ils prenaient bien leur cours là bas (enfin par le net) donc on va dire que c'est vrai :D De toute manière, ce n'est que pure fantaisie de ma part ^^

A bientôt et merci d'être passé !

# Posted on Saturday, 24 November 2007 at 3:52 PM

+R E A L I T E --- O N I R I Q U E --- N ° 3+

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Ce n'est qu'un jeu pour lui



« Mettons ça au clair... Je ne suis égoïste que quand il s'agit d'aider à trimballer les instruments. Je ne suis pas chanteur pour rien : juste un micro. C'est à eux de les porter s'ils veulent sept ou huit guitares de couleurs différentes... qu'ils assument ! »


Des cris exagérement outrés fusèrent dans la petite salle de montage pendant que Bill prenait soin de rester rivé sur l'écran, ses lèvres étirés en un sourire narquois.


Les quatre membres de Tokio Hotel avaient achevé la tournée de leur deuxième album quelques semaines auparavant et profitaient maintenant d'un court moment de répit pour visionner les images retenues pour les bonus du DVD live. Le film était essentiellement constitué de moments volés dans les coulisses de la tournée et d'extraits du concert, parmis lesquels se glissaient quelques interviews.


Gustav, Georg, Bill et Tom avaient été interrogés séparément et aucun d'entre eux n'avaient encore pu voir les réponses des autres. Globalement, ils savaient déjà tout ce qui avait été révélé ; mais si trois d'entre eux avaient répondu assez sérieusement, ils ne purent s'empêcher de s'étonner encore et encore de la manière dont Bill avait l'art de leur casser du sucre sur le dos en éludant les questions avec humour.


Les images continuaient à défiler et tout le monde entendit Bill conclure :


« Mais sinon, je suis très serviable et gentil. »


Celui-ci ne pu s'empêcher d'éclater de rire en revoyant ce passage qu'il avait oublié, on leur avait posé tellement de questions. Et même s'il avait dis ça en rigolant, c'était vrai ! Depuis que dans une interview il avait confié être un peu égoïste, Bill avait été catalogué parmis les divas et on lui ressortait dès que possible.


Ses amis ne purent se retenir plus longtemps. Georg le regardait d'un air faussement dépité :


« Ben voyons...

- Déjà que tu ne te lasses pas de raconter qu'on est jaloux de toi parce que t'es le meilleur... t'es d'une mauvaise foi, c'est dingue. T'essaies de faire croire aux fans qu'on te persécute pour qu'elles t'aiment encore plus ou quoi ?

- Avoue quand même que vous vous en prenez toujours à moi, Tom. La preuve ! »



Bill avait clamé ça d'un air fier, accompagnant ses dires d'un geste de la main. Ignorant les moqueries de Georg et Tom, Gustav avait posé sur Bill un regard presque tendre. Un sourire se dessinait lentement sur son visage alors qu'il l'observait continuer son petit manège avec les deux autres...


« Bill serviable... j'attends de voir... »


Il avait murmuré ça plus pour lui même. Vu l'agitation qui régnait dans la salle, chacun y allant de son petit commentaire et il fut surpris de voir Bill qui le fixait. Il l'avait manifestement entendu et un petit air innocent était plaqué sur son visage illuminé par un sourire plein de malice.


« Ah mais tu verras ! Je te le prouverais s'il le faut... »


Gustav riait légèrement, sans savoir que plus jamais il ne regarderait ce reportage de la même manière.



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C'était assez inhabituel pour Bill d'être levé à dix heures du matin à peine, alors qu'en plus il avait la matinée de libre. Une furieuse envie d'aller aux toilettes l'avait réveillé et il faisait décidément trop chaud dans la petite chambre de leur studio d'Hamburg pour pouvoir se rendormir sans risquer le mal de tête au réveil.


Puis maintenant qu'il était levé, autant profiter de ces quelques heures tranquilles, s'était il dit en détaillant son visage encore endormi dans le miroir.


Sortant de la salle de bain, Bill traversa le couloir sinueux pour rejoindre la cuisine et retint un cri aigu lorsqu'il manqua de percuter Georg. Perdu dans ses pensées, il ne l'avait pas vu arriver et ne s'y attendait pas... Georg aussi était plutôt du genre à émerger en début d'après-midi.


Tous les quatre avaient passé la soirée dans une boîte branchée du centre ville et étaient rentrés au petit matin. Bill, Gustav et Georg un peu éméchés alors que Tom était carrément saoul. Plutôt bavard de nature, il devenait une vraie pipelette dans ces moments là donnant son avis sur tout, ce qui faisait beaucoup rire le bassiste.


« Je crois qu'il a passé la nuit dans le canapé... »


Bill se contenta de lever les yeux aux ciels. Son frère était vraiment rentré dans un état pitoyable.


Lorsqu'ils étaient tous ensemble, Bill et Tom se comportaient l'un envers l'autre comme avec Georg et Gustav. Ils étaient quatre potes et tout lien de gémellité était mis de côté. Mais c'était une toute autre histoire quand il s'agissait d'aider Tom à rester éloigner des verres d'alcool et le faire tenir sur ses deux pieds : Bill avait naturellement été chargé de cette mission.


« J'ai eu la flemme de le porter jusqu'au lit. »


Ce que Bill n'avait pas osé ajouter, c'est que Tom avait passé tout le chemin du retour à lui chuchoter des cochonneries. Tom n'avait peut être pas conscience de ce qu'il disait mais Bill s'était senti excité et il avait eu peur. Il avait eu peur de céder à ses baisers s'ils dormaient dans la même chambre et surtout peur que le manque de discrétion de Tom ne mette tout le monde au courant de leur relation si particulière.


« Faut dire que t'étais pas tellement sobre non plus...

- La faute à qui ? »
demanda Bill avec un petit sourire que son interlocuteur se contenta d'ignorer, faute de savoir comment l'interpréter. Il reporta son attention sur sa tartine de confiture.


Le reste du déjeuner se fit en silence, chacun repensant à sa soirée respective. Georg avait quasiment passé tout son temps à sympathiser avec un mannequin espagnol pendant que de son côté, Bill était resté avec Tom. Malgré toutes les tentatives des autres invités pour les approcher, les jumeaux étaient restés scotchés ensemble toute la soirée, s'éclipsant de temps à autre pour discuter au calme.


Georg et Bill traînèrent encore quelque minutes dans la cuisine et en profitèrent pour faire un peu de rangement... les cartons de pizzas s'entassaient sur la petite table. Ceci fait, Georg enfila un survêtement afin d'aller faire un petit footing dans le quartier. Il se proposa d'acheter les croissants pour les deux autres en passant devant la boulangerie. Les quatre musiciens étaient attendus à quatorze heures pour l'enregistrement d'une émission télé à l'autre bout de la ville. Bill n'avait qu'à les réveiller pendant ce temps.


Celui-ci se dirigea vers la chambre de Gustav en chantant, poussa la porte et passa sa tête dans l'entrebâillement. Non pas qu'il n'avait pas le droit d'entrer mais il trouvait toujours impressionnant de pénétrer le jardin secret de quelqu'un d'aussi solitaire et mystérieux. Globalement, ils ne passaient pas énormément de temps au studio, sauf pour travailler. Et d'un accord tacite, il était convenu que lorsque Gustav s'enfermait dans sa chambre c'est qu'il voulait être en paix.


De ce fait, Bill n'avait pas eu beaucoup l'occasion de venir dans cette chambre mansardée, isolée au fond de l'appartement, et cela transparaissait dans son attitude. Alors qu'il se trouvait enfin dans la pièce, il prît soin de refermer la porte le plus discrètement possible et demeura quelques minutes debout au centre. Il dû plisser les yeux pour pouvoir scruter la pièce dans la pénombre.


Son regard fut attiré vers la batterie électrique posée dans le coin près de la porte. Beaucoup de papiers reposaient dessus et un cendrier plein de mégots gisait sur le petit tabouret recouvert de cuir râpé. Bill aurait payé cher pour savoir ce que Gustav pouvait faire de ses heures passées seul enfermé dans cette chambre, et c'est naturellement qu'il se dirigea vers l'instrument.


Parmis toutes ces feuilles volantes se trouvaient des ébauches de partitions, des brouillons de lettres et quelques portraits signés. Il ne savait pas que Gustav aimait dessiner. Il y avait aussi un petit carnet rouge. Une baguette faisait office de marque-page et Bill l'ouvrit. Mais dès la lecture des premières lignes, il comprît qu'il s'agissait d'une sorte de journal et malgré sa curiosité exacerbée, il eut le sentiment de violer l'intimité de Gustav ; ça lui paraissait totalement déplacé.


Et si Gustav se réveillait maintenant ? Lui qui ne se levait jamais tard en plus...


Dans un élan de panique, Bill essaya tant bien que mal de replacer tout comme il l'avait trouvé et grimpa les marches de la mezzanine où se trouvait le lit. Il faisait plus chaud là haut et le drap ne recouvrait Gustav que jusqu'au nombril. Ce dernier dormait en travers, parfaitement décontracté, et Bill se sentit presque coupable de venir le déranger. Il hésitait entre le secouer ou lui parler et c'est pourquoi il resta finalement cinq bonnes minutes à croupi à côté du lit, se demandant quelle méthode utiliser pour le réveiller.


Le chanteur opta finalement pour un réveil en douceur et redescendit ouvrir les volets, faisant brusquement entrer la lumière dans la chambre. Le soleil était déjà haut et donnait un peu de chaleur et de gaîté à cette chambre blanche du sol au plafond. Cependant, cela n'eut pas l'effet escompté : Gustav n'avait pas bougé d'un centimètre.


Bill grimpa habilement sur le lit et s'étira de tout son long pour atteindre le velux et relever le store. Un rayon de soleil éclaira directement le visage du batteur et le fit gigoter. Le sourire victorieux qui barrait le visage de Bill s'effaça rapidement lorsque Gustav se repositionna confortablement sur le dos, abaissant le drap un peu plus.


Le caleçon de Gustav avait beau être ample, n'importe qui aurait pu distinguer l'érection qu'il dissimulait avec peine. Cela n'avait pas échappé à Bill qui s'était de nouveau assis sur le bord du lit. Bill vérifia que Gustav était encore endormi avant d'attraper un bout du drap. Il tira dessus lentement...


C'était simplement pour vérifier et il n'y avait pas de doute possible : Gustav bandait.


Bill s'approcha encore un peu, sans un bruit. Il devait réveiller son ami mais l'idée de se faire prendre dans cette situation par quelqu'un d'autre l'inquiétait. Paradoxalement, il se sentait attiré par le membre dressé devant lui. Il ne pouvait se l'expliquer lui-même.


Alors il se pencha faiblement, faisant grincer le bois du lit, et apposa sa paume dessus sans appuyer. C'était dur et chaud... Un flot de sensations lui revint en mémoire. Des sensations qu'il pensait avoir reléguées au rang de souvenirs à oublier, enfouis au plus profond de sa mémoire.


D'une légère pression, il frôla Gustav. Celui-ci gémît et Bill ôta sa main comme s'il s'était brûlé. Etait-ce à cause de lui ou était-ce une pure coïncidence ? Bill jeta un oeil vers le batteur et vit qu'il dormait toujours profondément alors il réitéra sa caresse, d'un geste plus sur. Gustav poussa un petit cri suggestif et Bill resta immobile quelques instants... c'était toujours étonnant de procurer du plaisir à quelqu'un.


Et excitant aussi. Cela se reflétait dans les yeux de Bill.


Au départ, Gustav ne bandait pas pour lui mais Bill ne pu s'empêcher de ressentir une petite pointe de fierté : il pouvait le faire hurler de plaisir s'il le voulait. Et sans réellement réfléchir, il se positionna à califourchon au dessus des hanches de Gustav sans pour autant s'asseoir. Bill avait prit appui sur le matelas de chaque côté du batteur et descendit lentement son bassin de façon à ce qu'il entre en contact avec celui de Gustav.


Il resta quelques instants ainsi, se demandant ce qu'il avait eu l'intention de faire en le chevauchant de cette manière. Ses cheveux désordonnés qui lui barraient le visage effleuraient le torse de Gustav. Ils volèrent lorsqu'il redressa la tête d'un mouvement vif : Gustav émergeait et s'était repositionné dans son lit, frottant leur deux entrejambes. Ce dernier appréciait visiblement le contact puisqu'il recommença plusieurs fois.


Bill n'osait plus bouger. Il était content que Gustav apprécie son doux réveil et pourtant à ce moment là, il se sentait surtout très gêné que ce dernier prenne du plaisir contre cette partie de son corps, contre son intimité. Si Gustav voulait du plaisir, il en aurait mais pas de cette manière.


Laissant Gustav replonger dans les limbes du sommeil, il recula et s'installa sur les jambes de Gustav. Le drap en lin avec glissé avec lui et Bill pu détailler à loisir le corps calé entre ses cuisses. Il ne le trouvait ni beau, ni moche ; juste très intéressant. Endormi, le corps de Gustav parlait pour lui et réagissait à la moindre caresse du chanteur. Il pouvait en faire ce qu'il voulait.


Bill fit d'ailleurs plusieurs essais, frôlant les cuisses de Gustav, puis son ventre, le creux de ses genoux... avant d'enfin glisser sous l'élastique détendu du vieux caleçon, passant sa main dans la lisière de poils blonds qui entourait le sexe de Gustav. Bill n'osa pas aller plus loin et prendre en main l'objet de sa convoitise de peur de réveiller son ami un peu trop brusquement.


Il voulait jouer encore un peu...


Délicatement il descendit le caleçon de Gustav, pas complètement mais tout de même assez pour libérer le membre gonflé de son ami. Bill s'installa plus confortablement sur Gustav, se penchant sur lui de manière féline et positionnant sa tête au dessus de l'endroit stratégique. Il allait lui offrir le plus beau des réveils...


Avec un sourire malicieux, Bill souffla sur le gland rougi. Il voulait faire réagir Gustav mais celui-ci se contenta de soupirer. Il avait le sommeil lourd et Bill commençait à se lasser si bien qu'il empoignît directement l'érection de Gustav, le faisant hoqueter. Puis Bill amorça sans plus attendre quelques mouvements de va-et-vient et Gustav bloqua inconsciemment sa respiration. Tout s'était soudainement mélangé dans sa tête : une fille plutôt coquine s'était glissée dans son rêve.


La jeune fille dont il n'arrivait pas à voir le visage lui embrassait le torse, laissait vagabonder une main entre ses cuisses tandis que l'autre s'affairait toujours à glisser le long de son sexe de façon lente... bien trop lente. Parfois, la jeune fille un peu taquine s'amusait à le frustrer en interrompant ces caresses, frôlant simplement son gland déjà humide du bout des doigts. Elle jouait parfois avec ses testicules, s'aventurant à les masser fermement.


Jamais un rêve ne lui avait semblé si réel.


Et pourtant, Gustav n'était pas maître de ses actions. Il ne pouvait que subir que les caresses expertes de la fille au parfum envoûtant. C'était une odeur très agréable, entêtante et rassurante.


Bill s'amusait des réactions du blond allongé sous lui, dominé et captif de son étreinte. Son ami se tortillait, ondulant au rythme des caresses, le visage crispé. Ses doigts étaient cramponnés au drap et il semblait lutter contre son propre plaisir. Satisfait et amusé, Bill se mit à quatre pattes et se pencha pour lécher l'aine du batteur avant de déposer un baiser sur le membre dressé, le masturbant toujours d'une main. Jamais Bill ne décollait ses yeux du visage de Gustav, il voulait y lire tout le plaisir qu'il faisait naître.


Lorsqu'enfin il se décida à prendre le sexe de Gustav en bouche, celui-ci se cambra violemment, sortant de sa léthargie. Il ne rêvait pas ! Une créature aux lèvres particulièrement habiles se trouvait entre ses jambes. Une fille le suçait, de plus en plus rapidement, et il ne se souvenait même pas l'avoir ramenée.


Gustav essayait désespérément de démêler cette situation qui n'était pas dans ses habitudes mais c'était impossible tant le plaisir était intense.


« Qui tu... plus vite... tu... ah ! »


Il ne pouvait s'empêcher de gémir bruyamment. Son esprit était encore ensommeillé, tout lui paraissait confus... toute son attention était concentrée sur cette langue chaude qui s'enroulait autours de lui, sur la main fine qui le massait d'un geste assuré. Elle savait exactement ce qui le faisait planer... et malgré lui, sa main se perdit dans la longue chevelure.


Bill s'en amusa et ralentit volontairement la cadence.


« J'ai jamais rencontré de fille comme toi, tu... oh mon dieu. »


Bill eut du mal à se retenir rire. Il était juste en train d'effleurer le sexe de Gustav de la pointe de sa langue, le parcourrant sur toute sa longueur, méthodiquement.


Il sentait Gustav se détendre. Celui-ci avait lâché prise et participait maintenant activement, ondulant des hanches pour lui faire comprendre qu'il en voulait plus. Bill continuait sa douce torture, attendant de voir combien de temps Gustav tiendrait... Ce dernier se mordait la lèvre inférieure afin d'éviter d'hurler. Il se sentait soumis et voulut imposer sa volonté : ses mains, caressant toujours les cheveux de Bill, invitèrent ce dernier à reprendre son sexe en bouche. Il le guidait et l'incita à le prendre plus profondément.


Gustav sentait de grandes vagues de plaisir remonter le long de son échine, accompagnées de bouffées de chaleur. Il avait de plus en plus chaud, il transpirait et sentait le drap coller à son dos à chaque fois qu'il se cambrait un peu plus vers la source de son plaisir. C'était bon, extrêmement bon, et Gustav se sentit coupable d'être le seul à prendre du plaisir... il se promit de rendre la pareille à cette jeune fille.


Elle avait les mains douces et une odeur décidément exaltante qui rappelait à Gustav de bons souvenirs. Terrassé par la jouissance, Gustav se décida toutefois à relever la tête pour l'observer. Elle était brune... avec des mèches blanches ? Et des ongles manucurés ?


Bill continuait sa tâche avec ardeur, s'appliquant du mieux qu'il pouvait pour procurer un maximum de plaisir à Gustav. Il jouait avec son piercing, caressant le gland de Gustav, quand les mains de ce dernier se crispèrent farouchement dans ses cheveux devenus trop secs à force de colorations, de laque et de shampooings.


« Bill... »


Le batteur avait prononcé son prénom dans un gémissement plaintif. Il s'était finalement aperçu qu'il s'agissait de Bill et à cette vision, le sang pulsa encore plus fort dans son sexe. Parce que c'était Bill ou parce qu'il regardait quelqu'un le sucer... il ne savait plus. Merde, mais pourquoi son pote était en train de lui faire une fellation ?


« Bill, tu... mmmh »


La phrase mourut dans sa gorge et laissa place à un couinement aigu. Il n'arrivait pas à en dire plus... La légère appréhension de Bill avait laissé place à une détermination sans limites : il se jura de réussir à le faire jouir et sans perdre un instant, il écarta les jambes de Gustav et plongea entre.


Il avait adressé un sourire charmeur à Gustav. Et ce dernier se maudit de le trouver si attirant, même vêtu d'un vieux t-shirt.


Bill enfonçait avidement le membre durci du batteur dans sa bouche, de plus en plus fort, de plus en plus rapidement. Il léchait, baisait, suçait, aspirait par moment la peau fine et fragile... il lui faisait perdre la tête. Gustav appréciait ce moment bien plus qu'il ne s'en réservait le droit, bien au delà de ce que Bill lui offrait.


Au fond de lui, il avait la sensation de profiter de la situation, de Bill... Il était hors de question de laisser faire. D'un geste doux mais ferme, il posa ses deux mains sur les épaules de Bill et le repoussa.


« Arrête... Bill, arrête... s'il te plait... »


Bill reprit son activité, n'en faisant qu'à sa tête.


Le ton qu'avait employé Gustav se voulait déterminé mais Bill sentait que celui-ci appréciait son petit cadeau. Il avait simplement honte de l'avouer, voilà tout. En vérité, c'était la première chose cohérente que Gustav avait réussi à formuler depuis qu'il avait découvert Bill dans son lit et il était troublé de lui parler si directement dans ces conditions.


Néanmoins, Bill arrêta net tout mouvement et releva la tête vers Gustav lorsque celui soupira, mal à l'aise. Il s'était redressé sur ses coudes, son front dégoulinant de sueur et les yeux vitreux, pour observer Bill. Le visage fin de ce dernier était orné d'un sourire profondément sincère, il attendait le feu vert de Gustav.


Le blond était perdu dans les yeux de son partenaire, perdu entre le plaisir et sa raison. Ses pensées défilaient à mille à l'heure et il sentait sa volonté fondre comme neige au soleil... il ne devait pas se laisser aller.


Devant son manque de réaction et l'air hébété qu'il affichait, Bill leva un sourcil et accompagna sa question en faisant glisser le sexe dressé de Gustav entre ses doigts.


« Pourtant c'est toi qui voulait tester, non ? »


Gustav ne su quoi répondre. C'était une question purement rhétorique : Bill énonçait la vérité. Un peu moins de deux semaines auparavant, Gustav lui avait demandé de l'embrasser pour explorer de nouvelles sensations. Il savait Bill bisexuel, ils étaient amis depuis longtemps et Gustav trouvait bête de déclarer aimer strictement les filles sans avoir ne serait-ce qu'essayer de poser ses lèvres sur celles d'un homme.


« T'aimais bien quand je t'embrassais... là » ajouta Bill avant de déposer un baiser rapide sur le gland, l'effleurant à peine. Il connaissait quelques uns de ses points faibles, il savait comment faire céder Gustav. Son sourire aguicheur en témoignait... Bill était plein d'assurance.


Gustav devait résister, il le savait. Il n'aimait pas quand Bill se comportait en enfant capricieux, agissant seulement selon sa propre volonté. Il n'aimait pas ce Bill... pas ce Bill là. Dans une autre situation, il l'aurait déjà repoussé et remonté son pantalon jusqu'au nombril mais voilà... présentement, il était complètement nu et Bill le retenait fermement prisonnier entre ses jambes.


A chaud, cela lui paraissait être une des décisions les plus difficiles qu'il ait eu à prendre dans sa vie.


Il ne voulait pas de ça comme ça et puis, ils avaient déjà dérapé une fois de trop. Quand il avait demandé service à Bill, les baisers avaient vite laissé place aux caresses. Bill ne s'était pas laissé toucher mais avait insisté pour que Gustav se laisse aller. Il voulait lui montrer ce que c'était que de se faire caresser par un homme.


Piqué par la curiosité, Gustav s'était laissé faire sans savoir qu'il courrait à sa propre perte. Il avait apprécié, beaucoup trop. Vraiment trop.


« Stop. Bill !

- Je t'ai fait mal ?

- Non, c'est pas ça. Je crois que... tu... enfin... pourquoi tu fais ça ? »



Gustav ne s'était jamais montré aussi maladroit, encore moins devant un de ses amis. Pas même lorsqu'il avait demandé à Bill de l'embrasser. Se montrer droit et franc était la seule parade qu'il avait trouvé pour cacher sa grande sensibilité mais cette fois-ci, il s'était laissé dépassé par les évènements.


Il voulait en avoir le coeur net avant de se condamner...


Bill fut surpris de ce revirement de situation. Qu'est ce qui n'allait pas ? Gustav s'était soudainement montré sérieux et Bill le connaissait assez pour savoir que quelques caresses n'y pourraient rien changer. Mais ce qui interpella encore plus le chanteur, ce fut l'hésitation avec laquelle Gustav lui parlait... c'était inhabituel. Et puis comment ça, pourquoi ? Maintenant qu'ils se connaissaient plus intimement tous les deux, n'avait il pas le droit de lui faire une petite surprise ?


Gustav essayait tant bien que mal de se dégager de l'emprise de son ami qui se contenta de s'écarter, le laissant se glisser sous les draps avec pudeur. Lui portait toujours son vieux t-shirt déformé. Il s'assit en tailleur au bout du lit, sans cesser de contempler le visage de Gustav qui s'obstinait à détailler la bouteille d'eau posée près du lit.


Cependant, quand Bill ouvrit la bouche pour répondre, il sentit que toute l'attention était concentrée sur lui.


« Pourquoi ? Pour te rendre service, je crois. Tu voulais savoir ce que ça faisait d'être avec un homme et moi, je savais pas comment te réveiller.


- Tu savais pas comment me réveiller ? »



Gustav était partagé entre l'incrédulité, le rire et la colère. Sans même s'en rendre compte, Bill lui faisait beaucoup de mal. Ce dernier haussa les épaules.


« Ben ouais. Tu te rends peut être pas compte mais t'as le sommeil lourd ! Et puis, je suis gentil et très serviable... t'as oublié ? »


Bill ponctua la fin de sa phrase par un clin d'oeil sans imaginer l'effet réel qu'il produisait. Gustav le savait... ce n'était qu'un jeu pour lui.


« C'est très... serviable... à toi de m'avoir réveiller alors. Mais à l'avenir, je préfère que tu me laisses dormir parce qu...

- Tu veux pas que je finisse ?

- Surtout pas. »



Bill s'étonna du ton froid avec lequel Gustav lui avait répondu. C'était relativement fréquent cela dit ; ce qui le surprit, c'était le brusque changement de comportement... quelques minutes à peine auparavant, Gustav gémissait encore. Et sans que Bill ne comprenne pourquoi, la température de la pièce semblait être retombée de dix degrés. Il n'y avait pas mort d'homme pourtant et il avait l'impression que son ami lui en voulait beaucoup.


Et effectivement, Gustav lui en voulait. Il lui en voulait de faire une chose aussi intime juste par gentillesse.


« Ca ne me dérange pas, je te jure ! Ca me fait plaisir de t... hé !

- Tais toi. Bill, tais toi s'il te plait. »



Gustav avait posé sa main sur l'entrejambe de Bill. Il pouvait constater ce qu'il savait déjà : Bill ne bandait pas. Il ne prenait pas de plaisir à lui faire une fellation; il avait fait ça comme il lui aurait offert le petit déjeuner au lit. Et Gustav ne le savait que trop bien.


« Pourquoi tu me touches si tu veux pas que je te fasse jouir ?

- Je voulais vérifier. Tu ne m'aimes pas, Bill.

- Pas de cette manière, c'est vrai mais je t'aime quand même Gus ! Rien ne nous empêche de...

- Tu ne me désires même pas,
le coupa Gustav.

- J'ai fait quelque chose de mal ? »


Bill se grattait la nuque, embêté. Comment un type aussi soumis quelques instants auparavant pouvait être aussi intimidant maintenant ?


Gustav désirait oublier cette histoire. Il voulait pouvoir croiser Bill sans penser à sa bouche sur son corps, à son regard coquin, à ses mains talentueuses mais pourtant destinées à un autre.


« Tu devrais aller voir ton frère.

- Qu'est ce que Tom a à voir là dedans ?

- C'est lui que tu devrais aller réveiller, pas moi.

- Hein ? Je comprends pas ce que t'essaies de me dire. »



Il était sincère. Gustav le regardait et avait l'air mi-attendri, mi-triste alors que Bill remettait nerveusement quelques mèches de cheveux derrière ses oreilles. Ce dernier usait de son pouvoir de séduction à outrance, jouant avec les sentiments des autres sans le vouloir vraiment. Gustav s'y était laissé prendre une fois mais se jura qu'on ne l'y prendrait plus. Pas sachant que Bill appartenait déjà corps et âme à Tom.


Jamais.


Il faudrait un peu de temps à Gustav pour réaliser le réveil auquel il avait eu droit ce matin et pour réaliser ce qu'il s'apprêtait à faire. Jouir dans la bouche de Bill. Jouir. Jouir... Mieux valait effacer tout ça.


Bill ne comprenait pas, confondant les sentiments et omettant le plus essentiel.


« Oublie. Ca me touche que t'ai fait ça pour moi Bill, mais je préfère les filles. »


Bill afficha un grand sourire. Il aurait pu mal le prendre mais il savait pertinemment que Gustav avait aimé, son corps ne pouvait pas mentir. Il ne songea même pas aux raisons qui avaient poussées Gustav à lui mentir, son esprit vagabondait déjà ailleurs. Il prévint son ami que les croissants chauds allaient bientôt arriver et le laissa se préparer, sortant énergiquement de la chambre.


Il gardait le meilleur pour la fin : il avait toujours préféré réveiller son frère.

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Bill joue l'adulte mais dans les bonus du DVD on voit qu'il est encore jeune (et qu'il a ses moments de débilité, comme nous) et je voulais exploiter ce filon. Je voulais le faire se perdre dans ses sentiments, comme s'il n'était pas asse mûr pour faire la différence entre désir et amour...
Du coup, j'ai pu utiliser Tom. C'est donc Gustav qui a morflé XD

# Posted on Thursday, 17 January 2008 at 3:08 PM

Edited on Wednesday, 23 January 2008 at 10:01 AM

+I N T E R M E D E---N ° 1+

+I N T E R M E D E---N ° 1+
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Deux flocons de neige
1/5



A la fin décembre, les Tokio Hotel purent enfin reprendre leur souffle. Ils disposaient de presque un mois de vacances ininterrompues et ils espéraient bien en profiter pour composer en vue d'un troisième album mais aussi, et avant tout, pour décompresser.


Ils avaient récemment achevé la deuxième partie de leur tournée en France et tout le monde fut d'accord pour mettre un peu distance entre eux. Le bus était superbe et confortable mais ils finissaient par étouffer. Ainsi, Gustav était parti une semaine dans les Caraïbes et Georg s'était lancé à la conquête de la côte ouest des Etats-Unis avec quelques amis pendant que les jumeaux s'étaient de nouveau exilés sur une petite île de l'océan Indien.


Puis, ils avaient passé les fêtes de fin d'année dans leurs familles respectives. Chacun avait pu profiter de ses proches avant de tous se retrouver à la montagne. Autant dire qu'après une semaine aux tropiques, c'était le dépaysement total pour Bill et Tom mais Gustav avait insisté pour changer de destination...


« Mais enfin Gus ! Qu'est ce que tu veux qu'on aille faire dans ce trou à rat ? »


Bill était tout à fait contre l'idée d'aller dans les Alpes. Pour lui, c'était vraiment du temps de perdu, les vacances étaient si rares. Il avait bien essayé de faire changer Gustav d'avis par tous les moyens possibles et légaux mais au bout de quelques jours il du se rendre à l'évidence : il n'en démordrait pas.


Gustav ne se montrait jamais exigeant pourtant !


« Je veux innover !

- Innover ? Tu m'en diras tant !
railla Bill

- Innover, exactement. Les cocotiers c'est génial mais j'aimerais voir autre chose, moi.

- C'est vrai que ça changerait un peu des journées piscine, plage, transats... »



Georg avait ajouté ça, l'air pensif. De son côté, il s'en fichait pas mal d'aller à la mer, à la montagne ou dans le désert de Gobi pourvu qu'il ait ses potes, sa basse et du temps pour flâner. Voir quelques filles, mais il ne fallait trop en demander.


Cependant, cette réponse n'avait pas satisfait Bill... si Georg se ralliait à la cause du batteur, il ne s'en sortirait jamais. Bill était en tailleur par terre au pied du canapé où était assis son frère, son jumeau et désormais son seul soutien. Il se retourna vers lui et vit que celui-ci ne suivait l'échange qu'avec peu d'intérêt ; il se contentait d'entortiller une mèche argentée de Bill entre ses doigts. Ce dernier lui lança un regard sans équivoque.


« Hein Tom ! Toi aussi tu veux repartir au soleil, non ? »


Le concerné haussa énergiquement les épaules. Il examina successivement Gustav et Bill avant de trancher.


« Tu sais, ça peut être sympa la montagne aussi... On n'y est jamais allé, on pourra faire du ski...

- Tom a raison,
renchérît Gustav. Y'a pleins de trucs à faire là bas : du ski, de la luge, des raquettes, des bonhommes de neige...

- ... se goinfrer de raclette...

- ...aussi, Georg. Et puis c'est beau. Allez, Bill !

- Y'a du réseau au moins là bas ? »



Gustav en aurait presque sautillé sur place. Georg et Tom avait l'air tenté et il lui suffisait d'assurer à Bill qu'il pourrait téléphoner à ses amis tous les jours, et vingt-quatre heures sur vingt-quatre s'il le voulait, pour pouvoir confirmer la location.


Bill n'était pas plus convaincu qu'auparavant mais il avait cédé... c'est vrai que ça pourrait être marrant. Et puis après tout, Tom et lui n'avaient jamais vraiment mis les pieds en montagne. De la neige, ils ne connaissaient que celle qui tombait parfois chez eux en hiver, par fine couche de cinq centimètres tout au plus. C'était l'occasion.


Néanmoins, il ne cachait pas sa mauvaise humeur de s'être fait embobiné. C'est Tom qui en fit les frais le soir même.


« Je peux pas y croire. Je chante devant une foule en délire dans des salles immenses, voir des stades, et je vais passer mes seules vacances de l'année à croupir un village minuscule où on va se peler... »


A ce niveau là, c'était plus du pur esprit de contradiction qu'autre chose. Bill aurait trouvé n'importe quoi pour dénigrer ce séjour et Tom le savait bien. C'est pourquoi il fit preuve de patience et laissa son frère épiloguer, le serrant un peu plus contre lui. Le dos de Bill était collé contre son torse et une pensée fugace lui traversa l'esprit : tant que Bill serait à ses côtés, il n'aurait pas froid.


Un petit sourire venait de naître sur les lèvres de Tom. Son nez se perdait dans la chevelure épaisse de son frère et lui planta un petit bisou derrière l'oreille avant de répondre.


« Ils connaissent les radiateurs là bas, tu sais. Et puis je crois qu'il y a même une cheminée... »


La tête maintenant posée sur son épaule, Tom respirait l'odeur de son frère et c'est apaisé qu'il avait chuchoté la seconde phrase.


« Le comble de la technologie !

- ...avec une peau de bête devant peut être. »



Bill acquiesça, hochant seulement la tête. C'est quelque chose qui revenait souvent dans les téléfilms à l'eau de rose que leur mère regardait de temps à autres, cependant Bill n'était pas sur de là où voulait en venir Tom. Celui-ci précisa sa penser, toujours à voix basse.


« On peut faire pleins de trucs cools là dessus... Faire des câlins... »


Il ponctua sa phrase de petits baisers, commençant par la tempe de Bill. Il progressa ensuite jusqu'à la mâchoire et suivit lentement la jugulaire en direction de sa clavicule saillante où il déposa un baiser plus appuyé.


Bill soupira de contentement, et posa ses mains sur celles de Tom qui ceinturaient sa taille. Ils restèrent quelques minutes ainsi, profitant simplement de la présence de l'autre, puis Bill se retourna. Une simple lampe de chevet éclairait la pièce mais il pouvait soutenir le regard pénétrant de son frère, et osa dire ce que ce dernier attendait depuis le début.


« Ce qui me fait chier c'est que je vais m'ennuyer ferme. Y'a rien là bas Tom, rien !

- Tu m'auras moi... »



______________________________________________________________________________________________



Moins d'une semaine plus tard, un taxi déposa les quatre jeunes hommes devant un grand chalet en bois construit sur deux étages. Initialement, ils avaient prévu de passer ces quelques jours dans un hôtel club huppé de la station mais pour des raisons de sécurité, leur plan avait dû être modifié. Ils allaient donc passer leurs vacances dans une location indépendante, leur assurant un maximum d'intimité.


Le chalet était un peu excentré du centre ville et le manteau de neige rendait l'endroit encore plus silencieux. Toujours dans le véhicule, Bill ne pu s'empêcher de remarquer qu'ils étaient isolés.


« On doit être les quatre seuls clampins dans le coin...

- Arrête de râler et viens ! »



Le ciel était gris, il neigeait et le brouillard les empêchait d'apercevoir les montagnes environnantes mais ça n'entravait en rien la joie de Tom. Il sortit du taxi, excité comme une puce et sauta à pieds joints dans la neige. Il ne lui fallut d'ailleurs pas attendre plus d'une minute pour que Georg lui remplisse de neige sa capuche de sweat.


Gustav tendit quelques billets au chauffeur et interpella Bill.


« Qu'est ce que tu fous ! Tu repars à l'aéroport ?

- Allez descend, frangin ! Tu vas voir, c'est marrant le bruit de la neige qui craque sous les pieds.

- J'ai pas envie de bousiller mes santiags. »



Bill avait articulé chaque mot, parlant d'un air buté... comme à chaque fois qu'il n'obtenait pas ce qu'il désirait, pensa Tom. Bill avait pourtant fini par accepter la destination choisie par Gustav et s'était même fait à l'idée d'aller skier. A croire que la mise en situation l'avait un peu refroidi...


Tom s'approcha de la portière entrouverte du 4x4 et se mit dos à son frère, pliant les jambes.


« Allez grimpe. »


Bill ne se fit pas prier et monta sur son dos, après avoir pris soin de le dégager des longues dreads, et s'agrippa à ses épaules. Tom passa les bras sous les genoux de son frère et emboîta le pas, suivant Georg qui remontait la pente en direction de la location.


Bill avait un petit sourire émerveillé. Au fond, il était ravi de découvrir cet endroit avec son jumeau et ses amis. Lorsque quelques flocons se nichèrent dans ses cheveux, il ajouta presque par automatisme :


« Cours Tom ! J'ai pas envie d'avoir les cheveux trempés.

- C'est que de la neige chochotte ! »



Gustav leva les yeux aux ciels, amusé. Le guitariste ne risquait pas de courir : il titubait déjà, dérapant parfois sur de la neige tassée. Gustav fermait la marche en prenant son temps. Il appréciait l'air pur de la région.


Dès qu'ils pénétrèrent dans le chalet, ils se sentirent comme chez eux. Il émanait de ce lieu une ambiance chaleureuse. Le mobilier était moderne, contrastant avec le plancher en parquet et les murs presque tous recouverts de lambris en bois et ils pouvaient entendre crépiter le feu depuis l'entrée.


Ils firent rapidement le tour du rez-de-chaussée où ils trouvèrent la cuisine, une petite salle de bain, une chambre et un énorme salon dans lequel étaient entreposées leurs valises. Georg s'approcha d'une des grandes baies vitrées, jeta un oeil au dehors et tira l'épais rideau.


« Là y'a toutes nos fringues mais le matos ne devaient pas être déjà là aussi ? »


En effet, si Tom s'était contenté de sa vieille guitare sèche aux Maldives, les Tokio Hotel ne partaient jamais sans leurs instruments lorsqu'ils étaient tous les quatre. Et depuis qu'ils avaient rencontré le succès, ils pouvaient même se permettre de déménager la grosse batterie de Gustav, tout un tas de guitares, de basses, d'amplis et même tout le nécessaire pour enregistrer des maquettes. Ainsi, ils avaient tout à disposition au cas où l'inspiration les frapperait.


Tout avait été acheminé très tôt le matin pour plus de discrétion.

« Si, si ! le rassura Gustav. David a laissé un mot sur la table de la cuisine : ils ont tout installé dans une chambre de l'étage, la plus grande, pour nous éviter de tout avoir à déplacer. »


Ils soupirèrent de soulagement, remerciant leur producteur : les caissons étaient vraiment lourds à transporter. Seul Bill ne se sentait pas concerné.


« Et y'a quoi là-haut ?

- Je sais plus exactement... La salle de bain principale et une salle de sport, je crois. Et puis les trois chambres bien sur.

- Trois chambres ? »



Georg souriait, visiblement amusé par la situation. Tom et Bill s'affairaient à extirper leurs sacs et leurs valises du tas. Quant à Gustav, il ne voyait pas où son ami voulait en venir.


« Bah oui trois, plus celle du bas.

- Ca fait quatre. »
ajouta Bill distraitement.


En temps normal, Georg se serait permis une petite réflexion sur la soudaine passion de Bill pour les additions. Mais la situation actuelle l'amusait bien plus. Déjà que Bill ne voulait pas venir...


« Gus, t'as pas dis que les instruments étaient dans la plus grande chambre du haut ? »


Et comme le bassiste l'avait anticipé, le visage de Bill se décomposa. Les jumeaux lâchèrent leur bagages : Bill fulminait déjà et Tom haussa les épaules en retour alors que les deux autres se précipitèrent à l'étage. En effet, il y avait trois chambres dont une était pleine à craquer.


Ils redescendirent peu après, l'air dépité.


« Et en plus, ils ont tout installé...

- ... et tout branché. »



Tom, Bill, Gustav et Georg étaient de nouveau réunis dans le salon, contemplant l'âtre de la cheminée en silence comme si la réponse au problème allait soudainement apparaître parmis les flammes.


« Qui se dévoue ? demanda Georg.

- Pour ?

- Prendre le canapé.

- Je propose qu'on élimine Bill d'office. Après tout, c'est un peu de notre faute si on l'a traîné là. »



Bill n'appréciait guère qu'on parle de lui comme s'il n'était pas dans la pièce. Et puis à les écouter, on avait l'impression qu'il y avait été forcé or s'il était ici, c'est parce qu'il l'avait bien voulu ! Néanmoins, il se retint de contredire Georg pour une fois... il ne voulait pas du canapé. Vraiment pas.


Gustav soupira.


« Bon... je veux bien faire un effort. Vous ne risquez pas de me réveiller vu l'heure à laq...

- Non laisse Gus, je prends le canapé !
coupa Tom, soudain.

- T'es sur ?

- C'est bon, ça ne me dérange pas. »



Le regard de Tom n'était plus perdu dans le vide mais fixait quelque chose. Il semblait réfléchir et Bill suivit son regard, intrigué. Lorsqu'il releva les yeux vers son frère, celui ci lui le regardait avec un grand sourire.

Entre le canapé et la cheminée s'étalait une belle peau de mouton.

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J'avais cet espèce de truc que j'avais à peine commencé avant mes vacances (et après les leurs aux Maldives, petits cons) et qui trainait dans le fin fond d'un dossier. Je me suis dis qu'il fallait quand même continuer et ça a donné ça. J'avais besoin de rire un peu alors c'est peut être plus léger mais bon, ça m'a pas empêché de partir dans tous les sens. Du coup, ça se transforme en mini-fiction à chapitres parce que je préfère public au fur et à mesure. Vraisemblablement quatre (3 sont finis).

De plus, ça ne fait pas vraiment parti des « Realité Onirique » parce que là j'ai quand même énormément brodé. Ce n'est pas parti d'un fait réel.

Et p't'ain, j'ai même trouvé une photo avec de la neige. Je m'impressionne XD

# Posted on Wednesday, 06 February 2008 at 8:16 AM

Edited on Thursday, 28 February 2008 at 9:52 AM